Ralliement contre les violences policières

Ralliement contre les violences policières

Jeudi 23 février à Angers, des habitants des quartiers populaires de la Roseraie, Monplaisir, Savary, Belle-Beille ainsi que le collectif Interquartiers49, la coordination « Pas Sans Nous », des associations des cités, Nuit debout Angers et le Cercle 49 se sont réunis Place du Ralliement, pour s’opposer aux violences policières et écouter les témoignages des habitants mis en cause par cette politique.

Retour sur cette mobilisation en vidéo ici et à travers ces articles ici et là. 

Découvrez également l’appel à la mobilisation pour la Marche pour la Justice et la Dignité le 19 mars. 

Nous, habitants de quartiers populaires, avons compris que les dizaines de personnes frappées, tuées, mutilées, ou violées par des policiers, en France et en Outre mer, ne sont pas des cas isolés.

L’affaire de Théo est l’histoire de trop, mais elle a pu, grâce aux nombreux collectifs de militants des quartiers et les luttes engagées depuis des dizaines d’années, indigner l’opinion publique. Soudainement des médias semblent adapter un nouveau discours comme si la crainte du discrédit pouvait aussi leur rappeler que certains parmi eux participent à l’image négative des quartiers populaires.

En 2005, Zyed et Bouna mourraient électrocutés alors qu’ils voulaient juste éviter un contrôle de Police. En même temps, à Angers, au quartier de la Roseraie, une voiture de Police tentait de percuter un jeune. Un drame aurait pu avoir lieu.

En 2010, un gitan est tué par un gendarme. Ce dernier sera acquitté.

En 2012, Amine Bentounsi est tué d’une balle. Le Policier sera acquitté.

En 2014, Hocine Bouras est tué d’une balle dans la joue alors qu’il est menotté. La famille est toujours en procédure judiciaire.

En 2016, Adama Traoré est tué dans un fourgon de gendarmerie après avoir voulu contourner un contrôle de Police. L’affaire est toujours en cours pendant que ses frères ont été incarcérés lors d’une manifestation légitime.

En 2017, Théo est frappé, insulté parce qu’il est noir, violé, déshumanisé par des policiers soutenus par un syndicat policier.

Et nous ne parlons pas des autres nombreuses victimes dans la rue ou en prison !

Toujours le même scénario, les victimes sont culpabilisées. Elles auraient quelque chose à se reprocher. Et même si c’était le cas, doit on accepter les coups, l’humiliation, la mort ?

La Police est elle soudain la Justice ? L’arbitraire est il un droit pour ces policiers ?

Le plus grave est justement l’impunité constatée trop souvent. Des décisions de Justice qui évitent, à ces agents d’État chargés de nous protéger, des condamnations lourdes et exemplaires qui sont pourtant les lots habituels des accusés dans nos quartiers. Quand un policier est acquitté ouest sanctionné de quelques mois de sursis pour des faits de violences, d’autres citoyens ont des mois ou des années de prison ferme. La différence de traitement est souvent accentuée quand on est arabe, noir, gitan, rrom, caucasien, ou de confession musulmane. Oui, il y a une culture de l’impunité en France pour la Police. Celle-ci va être élargie avec une loi approuvée par l’assemblée nationale, loi dite “de sécurité publique” en même temps qu’un État d’urgence devenu permanent. Et pour nous, quelles sont les garanties de nos droits ?

Devons nous accepter 7 jours sur 7, le risque pour nos jeunes, nos enfants, d’être frappés, tués ou violés parce qu’ils sont différents ou stigmatisés par une autre partie de la société ?

Devons nous accepter, sous prétexte d’une volonté d’éducation néo coloniale, d’être humiliés, insultés pour notre couleur de peau ou notre choix de vie ?

Sous un système bien huilé, nous, habitants, avons très peu de chance d’espérer la Justice face aux injustices provoquées par des agents d’État ou agents de l’ordre au mépris des règles établies et parfois à l’abri des regards.

Alors, sous les yeux du grand public, une fois n’est pas coutume, les quartiers ont décidé de se rallier pour exprimer leur indignation, leur colère face à une politique qu’il subisse depuis des dizaines d’années et qui n’honore pas la République.

Faudra t-il écrire sur les murs de nos cités, les noms des jeunes et moins jeunes, humiliés, violentés et tués par la police pour qu’enfin apparaisse la réalité d’une politique délibérée des gouvernements de gauche comme de droite qui se sont succédés depuis plus de trente ans.

Cette politique a transformé des quartiers populaires en France et Outre mer en autant de laboratoires expérimentaux du terrorisme d’État contre la société civile. Oui, les victimes de la Police engagent toute la société.

Nous envoyons un message politique en vu d’une réforme radicale pour protéger notre dignité et celle de tous, en parallèle d’une exigence d’égalité et de Justice.

La coordination nationale Pas Sans Nous appelle donc à une large participation à la Marche pour la Justice et la Dignité, à Paris, le dimanche 19 mars 2017 dès 14h, de Nation à République.