LETTRE OUVERTE À HÉLÈNE GEOFFROY SUR LA SITUATION DES ASSOCIATIONS

LETTRE OUVERTE À HÉLÈNE GEOFFROY SUR LA SITUATION DES ASSOCIATIONS

Madame la secrétaire d’État,

Voulez-vous la disparition des associations des quartiers populaires ?

Il y a exactement un an, nous alertions la secrétaire d’État à la Politique de la ville sur les difficultés majeures des associations face aux baisses de financements et aux versements tardifs de leurs subventions.

Deux mois plus tard, en juillet 2015, nous écrivions une lettre ouverte au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, à la Secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville et au Ministre de l’Intérieur pour les alerter de la situation catastrophique de nombreuses « associations des quartiers populaires sur le point de mettre la clef sous la porte ».

La Secrétaire d’État avait à l’époque expliqué le retard des subventions par les délais accordés aux villes pour leur laisser le temps d’associer les habitants et les conseils citoyens à l’élaboration de leurs contrats.

Rien n’a changé depuis !

Les associations sont dans la même situation qu’il y a un an. Que va-t-on inventer pour expliquer cette situation ? Les changements de logiciels du Cget ? L’absence de conseils citoyens dans plus de la moitié des quartiers ? Les attentats et l’état d’urgence sans cesse prolongé ? Les 100 Molenbeek français ou encore les remaniements ministériels très fréquents concernant le ministère de la Ville ?

Non, on va vous dire que c’est votre dossier qui ne va pas : il n’est pas assez clair ! « Êtes-vous sûrs que vous répondez aux priorités de notre appel à projet (celui de l’État et de la ville puisque nous ne sommes toujours pas dans la co-construction). Faites-nous une note complémentaire. »

Et après, vous courez à la banque avec votre plan de trésorerie que vous devez modifier chaque jour, en reculant à chaque fois la date d’espérance de versement des subventions ! Vous négociez, vous promettez la « très prochaine attestation de subvention » de l’État ou de la ville, avec un peu de chance vous faites un dailly, si vous avez reçu la fameuse notification. Et vous retournez vite voir le délégué du préfet ou le chef de projet pour leur dire leurs exigences…

Au final, de 6 à 10 % de chaque financement d’action sont reversés aux banques plutôt qu’aux habitants. Les crédits de la politique de la ville enrichissent les banques ! À quand un rapport de la Cour des comptes pour dénoncer ce dysfonctionnement dont les banques sont les premières bénéficiaires ?

Cette situation est inacceptable.

Aujourd’hui, les associations ne peuvent plus faire face à leurs engagements aux côtés des habitants. Elles courent entre la banque et le délégué du préfet ou entre la mairie et l’Urssaf pour essayer de parer au pire : le dépôt de bilan.

Est-ce vraiment cela que vous attendez de l’action des associations ?

Prenez la mesure de l’urgence de cette situation pour agir et sauver les associations des quartiers populaires avant qu’il ne soit trop tard.