États généraux des 40 ans de la politique de la ville, de qui se moque-t-on ?

États généraux des 40 ans de la politique de la ville, de qui se moque-t-on ?

– Le 18 octobre 2017 –

Les différents articles de presse sur les États généraux de la politique de la ville
qui se sont tenus ce lundi 16 octobre à Grigny confirment ce que nous
dénoncions dans notre communiqué ci-dessous :

– les associations de quartier n’ont pas eu la parole, pire elles n’ont été
invitées qu’à la dernière minute pour remplir la salle,

– les habitants ont été une nouvelle fois ignorés et leur parole confisquée,

– les élus ont une fois encore montré leur refus de la co-construction.

De qui s’est-on encore moqué ?

 

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À l’heure des célébrations des 40 ans de la politique de la ville, la Coordination nationale Pas sans Nous se réjouit d’apprendre que maires et professionnels organisent ce lundi 16 octobre 2017 des Etats Généraux, à Grigny, pour « réinventer collectivement la politique de la ville ».

Mais que signifie « collectivement » quand acteurs et associations des quartiers populaires ne sont pas invités à co-construire, pour être une fois de plus relégués au rang de figurant Où sont les structures, petites ou grandes, qui œuvrent au quotidien dans les quartiers et sont les premières à être touchées de plein fouet par les nouvelles mesures gouvernementales ?

Nous, militants associatifs, acteurs des quartiers populaires, qui nous battons jour après jour pour que les habitants des banlieues soient enfin considérés comme des citoyens à part entière et non comme des citoyens entièrement à part, dénonçons cette nouvelle mise à l’écart du débat. Un débat qui nous concerne pourtant directement. Gel des contrats aidés, réduction de 46,5 millions d’euros du budget de la politique de la ville, annulation de 184,9 millions d’euros de crédits pour le logement social, baisse des APL : autant de mesures qui ne concernent pas moins de 5,5 millions d’habitant-e-s et des centaines d’associations œuvrant dans les quartiers populaires. Dans ce contexte, nous doutons fortement que des solutions tangibles et pérennes puissent être trouvées sans l’implication de toutes et tous.

S’il est effectivement indispensable de se réunir pour répondre aux urgences auxquelles nous faisons face, il aurait été souhaitable que le débat ne se restreigne pas au cercle des élus et à quelques grands mouvements associatifs, mais soit élargi à l’ensemble des acteurs qui détiennent une expertise d’usage dans les quartiers populaires. Nous vous renvoyons au rapport que nous avons produit en 2013 : « Pour une réforme radicale de la politique de la ville. Ça ne se fera plus sans nous », avec pas moins de 30 propositions qui sont restées lettre morte.

Organiser des États généraux des 40 ans de la politique de la ville en laissant de côté les premiers concernés, habitants et militants des quartiers populaires, c’est une fois de plus une grande mascarade.

Nous ne sommes pas dupes. Quand nous parlons de nos conditions de vie et des inégalités sociales que nous subissons depuis 40 ans, vous répondez par une opération de communication et de stratégie politicienne. Jusqu’à quand continuerons-nous à être votre fonds de commerce ? Il y a ceux qui vivent dans les quartiers mais qui n’en vivent pas, il y a ceux qui n’y vivent pas mais qui en vivent.

Combien faudra-t-il encore de célébrations ou d’États généraux pour que nos responsables politiques sortent du déni et reconnaissent leurs erreurs et leurs échecs ?

 

Pour la Coordination nationale Pas sans Nous

Mohamed Mechmache

Président Fondateur

Nicky Tremblay

Co-Présidente

La tribune en PDF

Coordination nationale Pas sans Nous

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